Quel est ton idéal ? (Benjamin Cappelletti)
Benjamin Cappelletti : “le réalisateur sensiblement hardcore”

Comment prépares-tu un tournage ?
- Ca dépend du projet. Ce n’est pas toujours, on envoie le son et on réfléchi. Parfois les personnes savent ce qu’elles veulent, ils ont déjà une idée arrêtée. D’autres n’ont pas d’idée, ils envoient seulement le son et quelques références image et là c’est donc un travail de création de A à Z. Moi je préfère avoir le maximum d’infos pour ne pas taper à coté et correspondre aux attentes, aux envies qui sont vraiment différentes entre l’artiste, le DA, le manager, la maison de disque etc. le clip reste un exercice de style ou l’artistique est très malléable, ça reste un film de commande. J’aime aussi échanger avec les artistes (pour ceux qui s’investissent et qui peuvent le faire). Les gens te choisissent pour un travail déjà fait. L’idéal serait qu’on me file un morceau et pouvoir partir dans la direction que je veux, celle que le morceau me dicte. J’aime beaucoup la musique, ça me vient assez facilement, je n’ai pas de problème avec l’imagination.
As-tu des grands axes ?
- Non, même s’il y a toujours des choses que tu retrouves. Un clip axé sur un playback, un playback avec de la fiction ou bien que de la fiction et là le morceau et une bande sonore de ce que tu filmes. J’ai une culture visuelle éclectique, j’apprécie aussi bien le clip que la BD, la photo, ou même les films expérimentaux… Donc j’essaie de ne pas tomber dans un registre fermé.
Sais-tu déjà ce que tu vas faire lorsque tu abordes un projet ?
- Je suis capable de mettre en scène, filmer, étalonner mais je préfère la collaboration afin de pouvoir me consacrer sur l’interprétation ou le jeu d’acteur… Mais ce n’est pas quelque chose que j’appréhende. Je fais ça depuis que j’ai 16 ans et que j’ai acheté ma première caméra. J’ai fais beaucoup de dessin et de l’image de synthèse au moment ou je faisais des animatiques pour le jeu vidéo. J’étais assez fan de l’image de synthèse, et j’étais passionné par la 3D (faire de l’image) mais je me suis rendu compte que c’était plus l’artistique, la mise en scène de concept ou de scènes qui me plaisaient plutôt que la technique. En terme de réal j’ai cette ambition d’avoir cette espèce de caméra qui peut aller partout. D’ailleurs David Fincher fait beaucoup ça, les caméras qui passent partout…
Il y vraiment un film, c’est peut-être ridicule mais « Volteface » m’a marqué et je me suis dit, « je veux faire ce genre de film là ! » A la base en plus des clips et de la pub, il y a quand même cette ambition de faire du cinéma et du coup tu tomber certaines choses comme la 3D car on te demande de te spécialiser et moi ce que j’aimais c’était plus l’artistique, la réalisation.
Fais-tu quelque chose en dehors de ton métier ?
- Ca reste dans le domaine du divertissement culturel, ciné, jeux vidéos, musées, BD, concert. Et sinon quand je fais du jogging, afin de pouvoir m’aérer, j’écoute en boucle le titre sur lequel je vais devoir travailler. Ca me permet de faire sortir des émotions et pour moi la créativité et l’artistique marche comme ça, c’est un conditionnement.
Qu’est ce qui te plait dans l’idée de travailler pour/avec IdealCorp ?
- A la base quand je suis arrivé sur Paris en Août 2005, je cherchais à faire du clip et je suis tombé par hasard sur Makram qui est encore aujourd’hui mon manager et agent. A l’époque il était manager de Diam’s plu tard de Zaho et aussi producteur dans le rap. Sans aucune démo clip, Il m’a pris sous son aile et ça m’a permis de trouver une assiduité, d’être conseillé et de travailler régulièrement, car il y a des codes à connaître dans le métier. La collaboration avec IdealCorp s’inscrit dans une continuité. Eux, en plus de la production, apporte aussi un travail de conseillé par leur expérience dans le tournage clip (l’époque où il y avait les grosses équipes en place), ils font comme du développement auprès de jeune réal comme moi. Tu te sens épaulé et c’est rare car toutes les boites de production ne cherchent pas à développer leurs réalisateurs de cette façon. De plus entre le réseau professionnel de IdealCorp et celui de Makram, ça ne peut que aller dans le bon sens pour moi.
Deux mots pour te définir ?
- Sensibilité & Hardcore, car musicalement parlant je suis mixte entre le Hip/Hop et le Rock/Métal, mais j’apprécie aussi beaucoup des style plus soft, comme l’électro, la musique ambiante, les Bande originale de film. Du coup j’évite de tomber dans un poncif lors d’une réalisation. Mes goût pour l’image sont aussi éclectique que mes goût musicaux, j’adore autant les gros films a effets spéciaux, que les films plu intimiste qui misent sur le jeux des acteurs et un scénario béton.
Ton inspiration, ton modèle ?
- Le réalisateur qui m’a le plus marqué c’est David Fincher car pour moi il s’est retrouvé à la jonction (même époque que Gondry ou Jonze) où ils combinaient l’art plastique, les effets spéciaux, la 3D au côté cinématographique et ça dès le début de l’écriture de leurs projets.
> Maintenant dans un clip, en 3 minutes 30 tu dois mettre énormément de choses donc c’est une porte ouverte à tout et n’importe quoi, c’est une grande liberté.
Une très belle expérience ?
- Le plus dur pour moi a été de réussir à constituer une équipe pour évoluer (j’avais l’habitude de tout faire seul avant donc pas de problème) et jusqu’à récemment, ce n’était pas le cas. Aujourd’hui, j’ai réussi a trouvé une équipe qui rend les tournages faciles et agréables. Ce qui me permet enfin de faire mon travail d’artiste.
A partir du moment où j’arrive à exercer mon métier, ma passion, ça me va. Je me sens enfin réalisateur car aujourd’hui je dépasse les contraintes et ça ne me fait plus peur. Quand j’ai une caméra de merde, pas d’équipe ni de budget, je me dis « je vais le faire et je vais le faire bien ! » et avec des moyens, une équipe et des collaborateur comme IdealCorp ou Makram je me dis que ça ne peut être que meilleur et réussi.
Où peut-on voir tes oeuvres ?
- Sur le site d’IdealCorp, ICI !